Accueil Date de création : 06/03/07 Dernière mise à jour : 24/04/08 16:16 / 213 articles publiés
 

Quelques livres ... Quelques auteurs ...

Une méchante petite fille  (Quelques livres ... Quelques auteurs ...) posté le lundi 03 mars 2008 15:30

Une méchante petite fille

Cet après-midi, j’ai poussé Arthur dans le bassin. Il est tombé et il s’est mis à faire glou glou avec sa bouche, mais il criait aussi et on l’a entendu. Papa et maman sont arrivés en courant. Maman pleurait parce qu’elle croyait qu’Arthur était noyé. Il ne l’était pas. Le docteur est venu. Arthur va très bien maintenant. Il a demandé du gâteau à la confiture et maman lui en a donné. Pourtant, il était sept heures, presque l’heure de se coucher quand il a réclamé ce gâteau et maman lui en a donné quand même. Arthur était très content et très fier. Tout le monde lui posait des questions. Maman lui a demandé comment il avait fait pour tomber, s’il avait glissé et Arthur a dit que oui, qu’il avait trébuché. C’est chic à lui d’avoir dit ça, mais je lui en veux quand même et je recommencerai à la première occasion.

D’ailleurs, s’il n’a pas dit que je l’avais poussé, c’est peut-être tout simplement parce qu’il sait très bien que maman a horreur des rapportages. L’autre jour, quand je lui avais serré le cou avec la corde à sauter et qu’il est allé se plaindre à maman en disant : « C’est Hélène qui m’a serré comme ça », maman lui a donné une fessée terrible et elle lui a dit : « Ne fais plus jamais un chose pareille ! » Et quand papa est rentré, elle lui a raconté et papa s’est mis lui aussi très en colère. Arthur a été privé de dessert. Alors il a compris et, cette fois, comme il n’a rien dit, on lui a donné du gâteau à la confiture : j’en ai demandé aussi à maman, trois fois, mais elle a fait semblant de ne pas m’entendre. Est-ce qu’elle se doute que c’est moi qui ai poussé Arthur ?

Avant, j’étais gentille avec Arthur, parce que maman et papa me gâtaient autant que lui. Quand il avait une auto neuve, j’avais une poupée et on ne lui aurait pas donné de gâteau sans m’en donner. Mais, depuis un mois, papa et maman ont complètement changé avec moi. Il n’y en a plus que pour Arthur. On lui fait des cadeaux sans arrêt. Ca n’arrange pas son caractère. Il a toujours été un peu capricieux, mais maintenant il est odieux. Sans arrêt en train de demander ci ou ça. Et maman cède presque toujours. Vraiment, en un mois, je crois qu’ils ne l’ont grondé que le jour de la corde à sauter et ça, c’est drôle, puisque pour une fois, ce n’était pas sa faute !

Je me demande pourquoi papa et maman, qui m’aimaient tant, ont cessé tout à coup de s’intéresser à moi. On dirait que je ne suis plus leur petite fille. Quand j’embrasse maman, elle ne sourit même pas. Papa non plus. Lorsqu’ils vont se promener, je vais avec eux, mais ils continuent à ne pas s’occuper de moi. Je peux jouer près du bassin tant que je veux, ça leur est égal. Il n’y a qu’Arthur qui soit gentil de temps en temps, mais souvent il refuse de jouer avec moi. Je lui ai demandé l’autre jour pourquoi maman était devenu comme ça avec moi. Je ne voulais pas lui en parler, mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Il m’a regardée par en dessous, avec cet air sournois qu’il prend exprès pour me faire enrager, et il m’a dit que c’était parce que maman ne voulait plus entendre parler de moi. Je lui ai dit que ce n’était pas vrai. Il m’a dit que si, qu’il avait entendu maman le dire à papa et qu’elle avait même dit : « Plus jamais, je ne veux plus jamais entendre parler d’elle ! »

C’est ce jour là que je lui ai serré le cou avec la corde. Après ça, j’étais tellement furieuse, malgré la fessée qu’il avait reçue, que je suis allée dans sa chambre et que je lui ai dit que je le tuerais.

Cet après-midi, il m’a dit que maman, papa et lui allaient partir au bord de la mer et qu’on ne m’emmenait pas. Et il a ri et il m’a fait des grimaces. Alors, je l’ai poussé dans le bassin.

Il dort maintenant et papa et maman dorment de leur côté. Dans un moment, j’irai dans sa chambre et cette fois, il n’aura pas le temps de crier, j’ai la corde à sauter. Il l’a oubliée dans le jardin et je l’ai ramassée.

Comme ça, ils seront obligés de partir sans lui. Et après, j’irai me coucher toute seule, au fond de ce vilain jardin, dans cette horrible boîte blanche où ils me font dormir depuis un mois.

 

Jehanne Jean-Charles
Les plumes du corbeau et autres nouvelles cruelles,
Société nouvelle des Editions Jean-Jacques Pauvert, 1962.

 

Parce que je n'ai pas beaucoup de temps aujourd'hui ... Je triche donc un peu en faisant un petit copier/coller de cette nouvelle de Jehanne Jean-Charles. Je l'ai également mise sur mon blog livres, lequel est un peu en sommeil en ce moment ...

J'adore cette nouvelle, je la trouve sordide à souhait. Et puis elle est merveilleusement construite, un modèle de nouvelle en somme ...

J'oubliais : c'est l'Ogre qui m'a incitée à la publier sur ce blog ...

lien permanent

Histoire de trompe ...  (Quelques livres ... Quelques auteurs ...) posté le samedi 09 février 2008 08:43

Vous voilà donc ! Le titre évoque une trompe, et vous accourrez ! Vilains que vous êtes !

Eh bien non ! Nous ne parlerons pas de sexe - tout au moins pas ouvertement. Je voulais seulement vous faire partager un texte qui m'a énormément marquée dans mon histoire d'apprentissage de la lecture. Voici le premier paragraphe de "L'enfant d'éléphant" du grand, du magnifique, du génial Rudyard Kipling. Je vous ai déjà parlé de son recueil "Histoires comme ça". Je sais, je radote ... Mais je fais ce que je veux, c'est mon blog ! 

J'ai lu ce texte pour la première quand je n'étais encore qu'au cours préparatoire. Et sans vouloir me jeter des fleurs, je trouve que j'avais plutôt un bon niveau de lecture ... Tiens, il faudra que je fasse un petit truc sur l'importance des premières lectures ... 

"Dans les temps anciens et reculés, ô ma Mieux-Aimée, l’éléphant n’avait pas de trompe. Il n’avait qu’un petit bout de nez brun bombé de la taille d’une botte, qu’il balançait bien de droite à gauche, mais avec quoi il ne pouvait rien ramasser. Or, il y avait un éléphant, un nouvel éléphant, un enfant d’éléphant, plein d’une insatiable curiosité, ce qu’il fait qu’il posait toujours un tas de questions. Avec ça, il vivait en Afrique et il remplissait toute l’Afrique de son insatiable curiosité. Il demanda à sa grande tante l’Autruche pourquoi les plumes de sa queue poussaient comme ça, et sa grande tante l’Autruche lui donna une fessée avec sa patte dure, dure. Il demanda à sa grande tante la Girafe pourquoi elle avait la peau tachetée et sa grande tante la Girafe lui donna une fessée avec son sabot dur, dur. Mais il était toujours plein d’une insatiable curiosité. Il demanda à son gros oncle l’Hippopotame pourquoi il avait les yeux rouges, et son gros oncle l’Hippopotame lui donna une fessée avec son gros sabot ; et il demanda à son oncle poilu, le Babouin, pourquoi les melons avaient ce goût-là et son oncle poilu, le Babouin, lui donna une fessée avec sa patte poilue, poilue. N’empêche qu’il était toujours plein d’une insatiable curiosité ! Il posait des questions à propos de tout ce qu’il voyait, entendait, éprouvait, sentait ou touchait et tous ses oncles et ses tantes lui donnaient la fessée. Et il demeurait malgré tout plein d’une insatiable curiosité !"

Alors, ça ne vous donne pas envie de connaître la suite ...?!

lien permanent

Les réponses du petit jeu  (Quelques livres ... Quelques auteurs ...) posté le jeudi 24 janvier 2008 16:44

Commentaire qui n'a rien à voir : mon article précédent a disparu !! Il n'en reste que le titre ... Etrange ...

Voici donc les réponses au petit jeu des premières phrases ... Je vous laisse le soin de corriger vos copies !

1. Albert Camus              
L'Étranger
J. Aujourd'hui maman est morte.

2. Bram Stoker
Dracula
I. Quitté Munich à huit heures du soir, le 1er mai ; arivé à Vienne, de bonne heure, le lendemain matin.

3. Ray Bradbury
Fahrenheit 451
E. Le plaisir d'incendier !

4. Patrick Süskind
Le parfum
O. Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus abominables de cette époque qui pourtant ne manqua pas de génies abominables. 

5. Jean Giono
Le Hussard sur le toit
D. L'aube surprit Angelo béat et muet mais réveillé.

6. André Malraux
La Condition humaine
F. Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ?

7. Guy de Maupassant
Le Horla
A. 8 mai. - Quelle journée admirable !

8. Pierre Magnan
La maison assassinée
N. Monge était sur le qui-vive.

9. Richard Matheson
Je suis une  légende
L. Par temps couvert, Robert Neville se laissait parfois surprendre par la tombée de la nuit ; ils se répandaient alors dans les rues avant qu'il fût rentré.

10. Marcel Proust
Du côté de chez Swann
H. Longtemps, je me suis couché de bonne heure.

11. Alain-Fournier
Le Grand Meaulnes
M. Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189...

12. J.R.R. Tolkien
Le seigneur des anneaux
B. Quand M. Bilbon Sacquet, de Cul-de-Sac, annonça qu'il donnerait à l'occasion de son undécante-unième anniversaire une réception d'une magnifcence particulière, une grande excitation régna dans Hobbitebourg, et toute la ville en parla. 

13. Boris Vian
L'écume des jours
Q. Colin terminait sa toilette.

14. Jean-Paul Sartre
Les mots
P. En Alsace, aux environs de 1850, un instituteur accablé d'enfants consentit à se faire épicier.

15. Gabriel Garcia Marquez
Cent ans de solitude
G. Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointan après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace.

16. Didier Van Cauwelaert
L'évangile de Jimmy
K. Quand on se prend pour Dieu, on ne peut pas douter de soi.

17. Arturo Perez-Reverte
Le tableau du Maître flamand
C. Une enveloppe cachetée est une énigme qui en renferme d'autres. 

 

Voilou ... Alors, les résultats ...?
Promis, je ne vous enquiquinerai plus avec tout ça ....!!

lien permanent

Au commencement était le début  (Quelques livres ... Quelques auteurs ...) posté le mardi 22 janvier 2008 22:50

lien permanent

Harry, c'est fini  (Quelques livres ... Quelques auteurs ...) posté le mercredi 07 novembre 2007 13:55

Ca y est, ce coup-ci, les aventures du jeune Potter sont bel et bien terminées. Difficile de ne pas vous en parler ; difficile également de vous en parler sans dévoiler le dénouement. Je vais pourtant essayer de m'y atteler.

Pour vous donner une idée de l'intrigue, voici donc le jeune Potter tout juste agé de 17 ans qui décide de partir à la recherche des horcruxes. Dumbledore lui a expliqué (dans le tome 6) que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a divisé son âme en plusieurs morceaux, ce qui lui a permis de survivre. Il faudra donc retrouver tous ces fragments d'âme contenus dans des objets symboliques et les détruire, avant de pouvoir tuer Vous-Savez-Qui.

On se retrouve plongé dans une atmosphère dense et noire, bien loin de l'ambiance des trois premiers tomes. Le temps de l'insouciance est passé ; il n'y a plus ni quidditch, ni petit jeu de balais volants, encore moins de petits sorts "pour rire". Le ministère de la magie est tombé aux mains des mangemorts, ceux-ci sèment la terreur dans le monde magique. On ne compte plus les morts du côtés des résistants ; même les moldus ne sont à l'abri de rien.

Harry, Ron et Hermione vivent traqués, donc reclus, ce qui augmente ce sentiment de danger et d'étouffement. On se retrouve au pied du mur avec Harry. En outre, Harry est toujours "connecté" à son ennemi, il peut voir et entendre ce que celui-ci fait ou pense, comme un double. Le danger approche dangereusement, la fin semble imminente ...

J.K. Rowling semble s'être inspirée de tout un tas de choses pour écrire cette saga. Cette dernière quête du jeune Potter ressemble bien évidemment à la quête initiatique que l'on retrouve dans la légende arthurienne (entre autres). On retrouve aussi un soupçon de Tolkien et de son Frodo, mais je n'en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir ... Le monde de la magie est là, mais la magie elle-même n'est plus au premier plan. Le temps est venu des réflexions et des choix. La magie elle-même connait des limites.

On retrouve même une allusion plus qu'évidente à quelques-unes des heures les plus noires de notre Histoire : la désinformation sévit dans la Gazette du sorcier tandis que les Résistants sonnent le rassemblement sur les ondes de Potterveille. Au ministère de la Magie s'ouvre la commission d'enregistrement des nés-Moldus, destinée à éradiquer les Sang-de-Bourbe ramassés par les Rafleurs ...

En résumé, c'est l'ouvrage le plus complet de la série, tant au niveau de l'écriture que de l'intrigue. Le suspens est intact jusqu'au bout. Je mettrais juste un bémol sur l'épilogue ... Mais j'attends que vous soyez assez nombreux à l'avoir lu pour en discuter !

Harry Potter et les reliques de la mort / J.K. Rowling
Gallimard jeunesse, 2007

lien permanent



 

fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à petitchap

Vous devez être connecté pour ajouter petitchap à vos amis

 
Créer un blog