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Ponctuons ...

Et toi, t'as l'accent ?!  (Ponctuons ...) posté le mardi 01 avril 2008 22:00

L'orthographe de la langue française est l'une des plus difficile au monde, entre les homophones, les homographes, les problèmes d'accord, et le reste, il y a de quoi en perdre son latin ! Il semble cependant que ces difficultés découlent de tout un tas de malentendus :

Pour Pierre Burney, le problème orthographique actuel remonte à l'origine même de la transcription du français, alors que l'on adopte l'alphabet latin pour transcrire une langue plus riche en phonèmes. Ce choix est logique puisque, après tout, le français est une forme parlée vulgaire du latin. Cependant, en raison d'une insuffisance de signes, naissent des artifices qu'utilisent les scribes pour pallier le problème, ce qui n'est pas sans créer certaines ambiguïtés encore présentes dans notre orthographe actuelle. Dans Les Serments de Strasbourg (842), l'un des plus vieux textes français connus, on constate que l'auteur utilise le o pour transcrire le e muet, ce dernier n'existant pas en latin. On retrouve ainsi Karlo (Charles) et nostro (notre). Les clercs de cette époque, qui ont appris le latin, tentent alors tant bien que mal d'adapter son alphabet au français. 

Les XIe et XIIe siècles voient naître une graphie simplifiée, à cette époque où les jongleurs, qui transcrivent les chansons de gestes, utilisent une orthographe beaucoup plus phonétique. Celle-ci, en revanche, ne consiste qu'en un aide-mémoire par lequel « l'homme de l'art retrouve aisément à la lecture les mots ou les passages qui se sont estompés dans sa mémoire. Que la graphie soit peu adaptée à la phonie, que le système graphique soit lacunaire, cela gêne peu un lecteur qui connaît déjà son texte, et qui tolère une marge de flottement où le même mot écrit peut représenter non seulement plusieurs homonymes, mais aussi des mots de prononciation différente ».
[Source]

L'écriture du français commençait donc à partir en sucette, il a fallu remédier à ça en créant un cadre officiel :

Une orthographe aussi approximative que celle des jongleurs ne peut subsister au XIIIe siècle, alors que le français devient la langue des textes juridiques et administratifs, lesquels exigent clarté et précision. Le latin occupant encore une place privilégiée chez les élites et au sein de l'Église, on se doit de conserver son orthographe. Ainsi naissent certains procédés de différenciation encore présents aujourd'hui. Un premier étage de 22 lettres (alphabet latin) étant insuffisant, on crée un deuxième étage en combinant les lettres existantes de façon à former des digrammes (ex. : an, in, on, un). Cette solution entraîne des difficultés : comment, par exemple, ne pas lier ai dans ebai ? On a alors recours à l'anticoagulant h muet et on obtient ebahi. De même, le e muet de ennemi permet une prononciation du en différente de celle qu'on retrouve dans le mot ennui.

C'est à partir du XVIIIe siècle que se fixe l'orthographe telle qu'on la connaît de nos jours. Depuis l'invention de l'imprimerie à la fin du XVe siècle, étymologistes et traditionalistes s'opposent. Dans la troisième édition du dictionnaire de l'Académie française (1740), on voit disparaître de nombreuses consonnes inutiles grâce à l'emploi des accents aigus, graves et circonflexes (ex. : fête pour feste). L'apparition des dictionnaires, malgré les contradictions d'une édition à une autre, coïncide avec la naissance d'une norme orthographique.
[Source]

Bien ... nous y voilà donc ... Te voilà quasiment en fin d'article, et tu ne comprends toujours le titre que je lui ai choisi. Patiente encore un peu ...

Je souhaitais simplement te remercier pour ton assiduité sur ce blog et pour ton courage sans faille (et il en fallait pour lire cet article soporifique) ; tu as largement mérité un présent. Je t'offre alors la preuve que tous tes professeurs, sans distinction, t'ont tous fait ch*** pour rien :

Dès le XVIIe siècle, avec la naissance de l'Académie française, s'instaure le pouvoir du dictionnaire, référence de la langue. «Le français a été créé par des professionnels de l'écrit qui ont voulu faire une orthographe pour l'oeil», indique Jean- Pierre Jaffré, linguiste au CNRS. Avec ses rigidités et ses absurdités. Pour la troisième édition du dictionnaire de l'Académie, en 1738, les imprimeurs n'avaient plus assez d'accents, ils ont mélangé les aigus, les graves et les circonflexes, quand ils n'en ont pas tout simplement oublié. Et les écoliers, trois siècles plus tard, continuent d'apprendre consciencieusement la liste des exceptions.
[source]

T'es dégouté, hein ?! Mais admet que toutes ces petites imperfections donnent bien du charme à notre bonne vieille langue française ...! Hum ?!

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Espèce menacée  (Ponctuons ...) posté le mercredi 26 mars 2008 18:30

Il y a presque un an, j'ai fait un article sur la disparition prochaine du point-virgule ... Et qui en a tenu compte ?! Hein, qui ?! Personne ...!! Personne n'a relayé cette info ... Pffff, le monde est trop injuste ; il ne me reconnait pas ma juste valeur, le fourbe !! Enfin ... quand je vous dis que j'ai toujours raison ... voyez que je ne mens pas !! Non mais !

Bon, mais se passe-t-il donc ?! Qu'est-ce qui provoque ainsi mon courroux ?! C'est pourtant simple : Alain m'a simplement ouvert les yeux ... Rue89 a fait un article sur la disparition prochaine de ce pauvre signe de ponctuation. Une ribambelle de bloggeurs a ensuite pris le relai, certains n'hésitant d'ailleurs pas à se gausser et à qualifier cette information d'"insolite" ... Les cons ! [si, c'est vrai. T'as qu'à aller voir sur wikio si tu ne me crois pas !] Le truc de fou, quoi ! Mais où était-ils, tous ces bloggeurs, quand j'ai fait mon article à moi, hein ?! Ils snobbent mon blog, c'est ça ... Pfff ... Je m'en doutais ... Ils savent pas ce qu'ils perdent ...!

Quoi qu'il en soit, il est temps de nous réveiller, mes Amis ! Le point-virgule court un grave danger, il est devenu une espèce menacée ! Alors oui, il n'est pas facile à utiliser ... mais qu'importe ! Nous nous devons de faire un effort, de le protéger, de le sauver et même de le faire vivre à nouveau ! Et tiens, allez, on se lache : je propose que chacun essaie de mettre un point-virgule par article ...

Défi relevé ?!

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Le mal-aimé de la grammaire française  (Ponctuons ...) posté le mardi 17 avril 2007 16:19

Et voici donc le point-virgule, le mal-aimé de la grammaire française !

Je sais, vous vous dites qu'il commence à y en avoir marre que je vous parle de la ponctuation ... Je sais, je sais ... Mais les points de ponctuation sont essentiels à la bonne compréhension des écrits, ils remplacent nos gestes, nos intonations de voix, notre regard ... Il est donc intéressant de se pencher un peu sur leur utilisation.

Mais revenons un instant sur ce fameux point-virgule. On ne sait jamais comment l'utiliser ; la plupart du temps on ne pense d'ailleurs pas à l'utiliser. Je me suis donc penchée sur son cas, et en grand seigneur que je suis, je vous livre ma trouvaille :

Inventé par Alde Manuce (1449-1515) [Quoi ?! Vous ne connaissez pas Alde Manuce ?! Bon ... d'accord, c'est demandé si gentiment ... je vous en parlerai un peu plus tard], imprimeur italien, pour marquer qu'un mot est l'antonyme d'un autre mais également pour séparer des propositions indépendantes dans la phrase. Ceci dit, ce signe de ponctuation est bien plus ancien puisqu'on le trouve déjà dans certains manuscrits médiévaux comme signe d'abréviation, notamment de la syllabe "et".

Aujourd'hui, dans la grammaire moderne,  il peut servir de séparateur dans une énumération (que ce soit dans une liste à puces ou dans le corps d'une phrase) ; il peut également servir de séparateur intermédiaire entre deux phrases indépendantes, mais dont la signification est liée ; enfin il remplace la virgule quand il y a risque de confusion, comme par exemple après un nombre à virgule. [Voir définition sur wikipédia].

Le point-virgule est sujet à controverse. Certains auteurs estiment qu'il ne sert à rien, qu'il est superflu, qu'il peut être remplacé par une virgule ou par un point. Moi je pense que l'on n'écrit plus suffisamment et que l'on perd donc cette sensibilité de la ponctuation. Je trouve que c'est plutôt dommage. La langue française est riche, or le fait d'écrire de moins en moins l'appauvrit.

Moi je l'aime bien le point-virgule, je le trouve classe. J'imagine que la plupart d'entre vous se moquent bien de tout ça, mais après tout, je fais ce que je veux, c'est mon blog !!

 

Merci à ceux qui ont lu l'article jusqu'au bout !  

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Difficile de percer dans la grammaire française ...  (Ponctuons ...) posté le lundi 02 avril 2007 21:16

Le point d'ironie

J'ai découvert par hasard le point d'ironie, signe de ponctuation imaginé par Alcanter de Brahm (L'ostensoir des ironies) et repris par Hervé Bazin dans Plumons l'oiseau. Point d'interrogation retourné, le point d'ironie n'a pas percé dans la grammaire française, carrière anéantie très probablement par l'inintérêt de son utilisation (ironique, non ?!).

Comme je suis bien gentille et que vous semblez passionnés par l'histoire de ce signe de ponctuation tombé dans l'oubli, je vous donne une petite définition :

Point d'interrogation, d'exclamation... et si je vous dis: point d'ironie ? Et oui, certains ont bien tenté de l'intégrer à la ponctuation mais sans succès. Ce signe inventé à plusieurs reprises, se retrouve pour la première fois dans le livre d'Alcanter de Brahm: L'ostensoir des ironies.

Au même titre que le questionnement ou l'exclamation, le point d'ironie est censé indiquer le contraire de ce que l'on écrit. Pourtant si le contexte et la phrase sont suffisamment explicites, ce n'est pas à la ponctuation de marquer l'ironie mais à la façon d'écrire de l'auteur.

Repris plus tard par Hervé Bazin avec 5 autres signes, ce point d'ironie ressemble fortement à ce que l'on trouve actuellement dans les chat et autres endroits de discussion du net: les frimousses (smileys). (Trouvé ici - vous pouvez aussi aller faire un tour wikipédia).

Mais alors, me direz-vous, à quoi peut bien servir ce signe de ponctuation ? Tout l'intérêt de l'ironie n'est-il pas justement de ne pas la souligner ? Elle est (tout comme les points de suspension en somme ...) une sorte de clin d'oeil que chacun est libre de saisir ou non. C'est toute la beauté de l'ironie : si elle s'avoue comme telle, ce n'est plus de l'ironie ! L'ironie est un pari sur l'intelligence du lecteur.

C'est vrai, appréhender un texte n'est pas toujours facile et on peut prendre au premier degré ce qui n'était qu'une boutade. Le texte écrit enlève les intonations, les gestes, etc., et il faut être parfois malin, ou bien informé pour trouver ce qui est ironique et ce qui ne l'est pas. Le point d'ironie devait permettre, j'imagine, de ne pas froisser certaines susceptibiltés, soulignant ça et là le ton du texte. Mais, du coup, il enlève tout son charme. Perso, j'utilise que très rarement ces fameux smileys censés remplacer le point d'ironie, mais si mes écrits sont mal compris, tant pis ...

On sait pas trop qui était Alcanter de Brahm, mais à vrai dire, on s'en fout un peu. Je trouve super intéressant de voir, comment à un moment donné, certains auteurs ont imaginé de nouveaux signes de ponctuation pour une meilleure appréciation de leur oeuvre - même si ces signes otent un certain intérêt à la lecture.

Du coup, je risque de revenir vous en parler ... j'en ai quelques uns sous le coude ...! 

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De l'usage (ou de l'abus) des points de suspension ...  (Ponctuons ...) posté le vendredi 30 mars 2007 11:29

« Si les points de suspension pouvaient parler, ils pourraient en dire des choses et des choses » Pierre Dac. 

 

Vous l'aurez peut être remarqué (ou peut être pas d'ailleurs) : je me sers beaucoup des points de suspension quand j'écris (eh oui parce que quand je parle, je m'en sers moins ...!!). C'est rigolo, je ne peux pas m'en empêcher. Ils viennent naturellement ponctuer mes textes (mails, articles de blogs - encore peu nombreux d'ailleurs ...). D'où mon questionnement : mais pourquoi donc cette affluence de points de suspension ?!

J'ai fait quelques recherches via mon ami Google, et voici ce que j'ai trouvé en guise de "définition" :

Les points de suspension marquent une interruption de la phrase, cette interruption peut même avoir lieu au milieu d'un mot (Vous avez vraiment vu un fantô...). Elle peut être très riche en nuances : l'indécision, l'hésitation, le respect des convenances, la réticence, etc. Les points de suspension peuvent marquer, souvent en fin de texte, un inachèvement qui sollicite l'imagination du lecteur. (Des fleuves indolents, des horizons tranquilles, des nuages d'argent...)

Les points de suspension vont toujours par trois. Ils se confondent avec le point final et le point abréviatif. Ils peuvent accompagner la virgule (Il ne sait rien..., il ne voit rien...), le point-virgule, le point d'exclamation ou d'interrogation (Il faut espérer qu'il en tire un profit, sinon ?...). Selon le sens, on place ses divers signes de ponctuation avant ou après les points de suspension. Avant s'ils terminent la phrase, après si la suspension est pensée comme pouvant se prolonger.

On ne met jamais de points de suspension après etc. Les points de suspension ne forcent la majuscule que s'ils se confondent avec une ponctuation de fin de phrase. (http://www.synapse-fr.com/manuels/P_SUSP.htm ) 

J'aime bien jouer avec les sous-entendus, voire même les malentendus ... [et voilà encore ces put*** de points de suspension] mais ça, c'est une autre histoire !!

Je pense que, chez moi, ils servent en général à créer une certaine connivence avec l'autre. Ils sont comme une sorte de clin d'oeil (complice, ironique ...), un complément à mes mots. Ils sont tout ce qui, dans une conversation physique, passe par le regard et les gestes. Je trouve assez difficile en fait de faire en sorte que chacun comprenne les écrits comme ils doivent être compris. [Hum ... pas très clair tout ça ... ] Il y a toujours ceux qui prennent "de travers" quelque chose qui en fait est bon enfant. Ce qui m'amène donc au troisième point (n'y voyez aucun jeu de mot ...!).

Le fait de ponctuer régulièrement avec ces trois points permet aussi de tempérer certains propos qui, écrits, paraissent beaucoup plus forts ou violents qu'ils ne le sont réellement. Il laissent aussi à chacun le choix de l'interprétation et du ton.

Voilà, les points de suspension font partie de mes écrits parce qu'ils me ressemblent. Et oui ...

- Je viens de me relire et bon, je voulais écrire un truc un peu léger, un peu drôle, pas chiant quoi ... raté ! Pardon ... -

 

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