L'orthographe de la langue française est l'une des plus difficile au monde, entre les homophones, les homographes, les problèmes d'accord, et le reste, il y a de quoi en perdre son latin ! Il semble cependant que ces difficultés découlent de tout un tas de malentendus :
Pour Pierre Burney, le problème orthographique actuel remonte à l'origine même de la transcription du français, alors que l'on adopte l'alphabet latin pour transcrire une langue plus riche en phonèmes. Ce choix est logique puisque, après tout, le français est une forme parlée vulgaire du latin. Cependant, en raison d'une insuffisance de signes, naissent des artifices qu'utilisent les scribes pour pallier le problème, ce qui n'est pas sans créer certaines ambiguïtés encore présentes dans notre orthographe actuelle. Dans Les Serments de Strasbourg (842), l'un des plus vieux textes français connus, on constate que l'auteur utilise le o pour transcrire le e muet, ce dernier n'existant pas en latin. On retrouve ainsi Karlo (Charles) et nostro (notre). Les clercs de cette époque, qui ont appris le latin, tentent alors tant bien que mal d'adapter son alphabet au français.
Les
XIe et XIIe siècles voient
naître une graphie simplifiée, à cette
époque où les jongleurs, qui transcrivent les
chansons de gestes, utilisent une orthographe beaucoup plus
phonétique. Celle-ci, en revanche, ne consiste qu'en un
aide-mémoire par lequel « l'homme de l'art
retrouve aisément à la lecture les mots ou les
passages qui se sont estompés dans sa mémoire. Que la
graphie soit peu adaptée à la phonie, que le
système graphique soit lacunaire, cela gêne peu un
lecteur qui connaît déjà son texte, et qui
tolère une marge de flottement où le même mot
écrit peut représenter non seulement plusieurs
homonymes, mais aussi des mots de prononciation
différente ».
[Source]
L'écriture du français commençait donc à partir en sucette, il a fallu remédier à ça en créant un cadre officiel :
Une orthographe aussi approximative que celle des jongleurs ne peut subsister au XIIIe siècle, alors que le français devient la langue des textes juridiques et administratifs, lesquels exigent clarté et précision. Le latin occupant encore une place privilégiée chez les élites et au sein de l'Église, on se doit de conserver son orthographe. Ainsi naissent certains procédés de différenciation encore présents aujourd'hui. Un premier étage de 22 lettres (alphabet latin) étant insuffisant, on crée un deuxième étage en combinant les lettres existantes de façon à former des digrammes (ex. : an, in, on, un). Cette solution entraîne des difficultés : comment, par exemple, ne pas lier ai dans ebai ? On a alors recours à l'anticoagulant h muet et on obtient ebahi. De même, le e muet de ennemi permet une prononciation du en différente de celle qu'on retrouve dans le mot ennui.
C'est
à partir du XVIIIe siècle que se fixe
l'orthographe telle qu'on la connaît de nos jours.
Depuis l'invention de l'imprimerie à la fin du
XVe siècle, étymologistes et
traditionalistes s'opposent. Dans la troisième
édition du dictionnaire de l'Académie
française (1740), on voit disparaître de nombreuses
consonnes inutiles grâce à l'emploi des accents aigus,
graves et circonflexes (ex. : fête pour
feste). L'apparition des dictionnaires, malgré les
contradictions d'une édition à une autre,
coïncide avec la naissance d'une norme orthographique.
[Source]
Bien ... nous y voilà donc ... Te voilà quasiment en fin d'article, et tu ne comprends toujours le titre que je lui ai choisi. Patiente encore un peu ...
Je souhaitais simplement te remercier pour ton assiduité sur ce blog et pour ton courage sans faille (et il en fallait pour lire cet article soporifique) ; tu as largement mérité un présent. Je t'offre alors la preuve que tous tes professeurs, sans distinction, t'ont tous fait ch*** pour rien :
Dès le
XVIIe siècle, avec la naissance de
l'Académie française, s'instaure le pouvoir du
dictionnaire, référence de la langue. «Le
français a été créé par des
professionnels de l'écrit qui ont voulu faire une
orthographe pour l'oeil», indique Jean- Pierre
Jaffré, linguiste au CNRS. Avec ses rigidités et ses
absurdités. Pour la troisième édition
du dictionnaire de l'Académie, en 1738, les imprimeurs
n'avaient plus assez d'accents, ils ont mélangé les
aigus, les graves et les circonflexes, quand ils n'en ont pas tout
simplement oublié. Et les écoliers, trois
siècles plus tard, continuent d'apprendre consciencieusement
la liste des exceptions.
[source]
T'es dégouté, hein ?! Mais admet que toutes ces petites imperfections donnent bien du charme à notre bonne vieille langue française ...! Hum ?!



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